Les années 1950 – Les formes de la liberté : expérimentation et action

FORMES SOUPLES ET MATERIAUX DE SYNTHÉSE, LA RENCONTRE

L’après-guerre ouvre aux designers de nouvelles voies d’expérimentation et d’action. Matériaux, technologies, habitudes de consommation : tout change et les objets de la vie quotidienne deviennent peu à peu des produits culturels.

Les nouvelles techniques industrielles (utilisation de l’acier, l’aluminium, techniques de moulage…) permettent une véritable révolution du style et des formes dans tous les domaines. De l’essor de l’électroménager, en passant par les voitures, la décoration et le mobilier, les années 50 oscillent entre fonctionnalité et originalité.

Les designers mettent pour la première fois la fonction de l’objet au centre de leurs préoccupations dans une nouvelle approche de l’art d’habiter.

Chevrolet Corvette – 1953

LE CÔTÉ PIONNIER ET NOVATEUR DU DESIGN DES ANNEES 50

LE FONCTIONNALISME DOMINANT

Le fonctionnalisme dominant n’empêche pas certains designers de défricher un nouvel univers formel, conjuguant héritage du Streamline et formes libres, grâce aux possibilités offertes par les nouveaux matériaux et les nouvelles techniques de fabrication.

Ainsi, le danois Verner Panton reprend-t-il à la fin des années 50 l’idée du siège ZigZag imaginé avant-guerre par Rietveld dans une version tubulaire, puis proposé dans un assemblage de planches de bois épaisses. Panton utilise les techniques de moulage de matériaux de synthèse ABS (acrylonitrile batadiennestyrène) pour obtenir une forme nappée unique, réunissant siège, dossier, piètement d’une extrême fluidité.

LE DESIGN INDUSTRIEL AUX ÉTATS-UNIS 

Les États-Unis jouent un rôle précurseur dans le design industriel grâce à leur maîtrise des nouvelles techniques de fabrication qui permet l’utilisation de nouveaux matériaux. Les piétements métalliques et les structures monocoques en plastique ou en bois lamellé-collé font leur apparition. Le mobilier des années 1950 devient plus modulable, léger et fonctionnel. Avec la production en série, les premières maisons d’édition (Knoll, Vitra…) prennent leur envol.

L’EUROPE N’EST PAS EN RESTE

L’âge d’or du style scandinave,

Avec le Danemark comme chef de file. Arne Jacobsen, Arne Vodder, Hans J. Wegner, Bruno Mathsson, suivent les traces de Kaare Klint, figure de proue du design scandinave. 

Les meubles danois, finlandais et suédois partagent les mêmes caractéristiques : des lignes géométriques et organiques, sobres et épurées. Les nouvelles techniques de courbure et de tournage du bois permettent de nouvelles formes, à l’image du contreplaqué cintré, signature du finlandais Alvar Aalto.

Tabouret E60 Alvar Alto
Arne Jacobsen – Egg Chair 1958 

La renaissance du design italien, un style élégant et raffiné.

En s’appuyant sur une production en série, le faible coût de la main d’œuvre et une forte collaboration entre l’industrie et le monde de l’artisanat le design italien connait sur cette même période un essor fulgurant. 

Devenu un véritable projet de société après la guerre, les italiens ont su s’approprier le concept du « design » né aux États-Unis. Cette nouvelle industrie donne naissance à des manifestations internationales comme le Salon du meuble de Milan, et à des prix prestigieux comme le Compasso d’Oro. Gio Ponti, le père fondateur du design industriel italien, exerce une influence considérable sur la nouvelle génération.

Lustre de Gino Sarfatti – 1958

La « french-touch »

En France, sous l’impulsion des grands décorateurs de l’entre-deux guerres (Jean Royère, Jacques Adnet…) et des architectes de la Reconstruction comme Jean Prouvé, Charlotte Perriand ou le Corbusier se développe un design basé sur une recherche d’esthétique, de confort et d’économie.

Ils transmettront un savoir-faire exigeant à une nouvelle génération de designer : Pierre Paulin, Josph-André Motte, Alain Richard… 

Leurs créations sont d’une grande diversité. Des meubles épurés rehaussés de couleurs vives.

Maison industrialisées Jean Prouvé à Meudon – entre 1950 et 1952
Bureau CM141 de Pierre Paulin pour Thonet, 1955

Le côté pionnier et novateur du design des années 50 est à l’origine de notre mode de vie actuel (et des objets que nous utilisons) avec les meubles modulaires, les objets en plastique ou la miniaturisation de nos appareils électroniques.

Il est également impossible d’envisager, de comprendre l’architecture contemporaine sans les leçons de Mies van der Rohe, de Franck Llyod Wright ou encore de Le Corbusier. 

Le monde d’aujourd’hui est né hier, dans les années cinquante.

Découvrez l’article « La naissance de l’Union des Artistes Modernes » dans le blog L’Oeil de l’Expert.